Cette semaine - si tu tiens à le savoir- j'ai chopé une insomnie qui m'a fait faire de l'incontinence verbale. C'est à dire que d'habitude, je me tiens au strict nécessairement poli, par exemple, quand dans la file du bureau de poste on me demande si j'ai un stylo, je réponds juste "Non, merci."
Mais cette semaine-pas que ça puisse te changer la vie- s'est déroulée ainsi:
Mardi
On déjeune avec un client important, je m'excuse pour aller fumer.
Lui, avec l'assurance que lui permettent ses godasses à mon salaire: "C'est marrant, vous n'avez pas le profil d'une fumeuse"
Moi, avec l'assurance que ne me permettraient pas mes godasses: "C'est marrant, vous n'avez pas le profil d'un profiler"
Mercredi
L'auto-proclamé- à tort- bogoss du service, rigolo à ses heures très perdues, charrie un collègue qui peine à passer entre deux rangées: "Eh, j't'ai dit dit d'arrêter les frites, regarde moi, 1m80, 80Kg, l'étalon!"
Et moi "..et 80 de QI"
Vendredi matin
Le patron : "Bonjour!"
Moi: "Ouais"
Vendredi
Toute contente d'aller chercher mon paquet 3 suissses, comme s'il était gratuit, j'attends mon tour devant une dame qui à priori souffrait de la même illusion. Elle récupère son grand sac blanc et rouge et en retournant vers moi, je regarde sa veste rose bonbon et je lui dis, sérieusement "Et ben ça tombe à temps.."
Je dois dire qu'à part la gêne très ponctuelle , (l'insomnie réduit considérablement les scrupules), j'en étais arrivée à apprécier ce genre de lâché-prise, alors -pas que ça puisse cuire tes pâtes- j'ai décidé de me faire de temps à autre de faire une cure d'insolence, et tant pis si c'est pas remboursé par la sécu..
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